GRANDES ACTRICES & GRANDS ROLES - HISTOIRE DU CINEMA ET DU THEATRE - NOTES
COMEDIENNES - ACTRICES



Laurence de Monaghan - Le Genou de Claire - Eric Rohmer - Le goût de la beauté





Le genou de Laurence de Monaghan,
et la main de Jean-Claude Brialy

dans le film d'Eric Rohmer, Le Genou de Claire

(c) Les films du losange
www.filmsdulosange.fr

Eric Rohmer : "J'ai conçu mes Contes moraux à la manière de six variations symphoniques. Comme le musicien, je varie le motif initial, le ralentis ou l'accélère, l'allonge ou le rétrécis, l'étoffe ou l'épure. A partir de cette idée de montrer un homme sollicité par une femme au moment même où il va se lier avec une autre, j'ai pu bâtir mes situations, mes intrigues, mes dénouements, jusqu'à mes caractères. Le personnage principal, dans tel conte sera puritain, dans tel autre libertin, tantôt froid, tantôt exubérant, tantôt bilieux, tantôt sanguin, tantôt plus jeune que ses partenaires, tantôt plus âgé, tantôt plus naïf, tantôt plus roué."

"L'on parle beaucoup dans mes Contes. Mais de quoi y parle-t-on ? De choses qui ont besoin d'être montrées avec tout le luxe de l'image et sa précision. De la minceur, par exemple, de la fragilité, du lisse d'un genou qu'il s'agit de rendre perceptibles pour comprendre tout l'attrait qu'il exerce sur le narrateur. ... Les effets de la lumière, celle qui appartient à une saison précise, les sensations de chaud et de froid, de sec ou d'humide, d'étouffant ou d'aéré, que l'image toute nue, ou étayée par le son, a le pouvoir d'évoquer."

"Je ne cesse de relire Balzac, Dostoïevski, Meredith ou Proust, auteurs prolixes, riches, touffus. Ils m'apportent la présence d'un monde vivant sa propre vie. Je les aime et les fréquente, comme je fréquente le cinéma qui me découvre, lui aussi, la vie. Quand je filme, j'essaie d'arracher le plus possible à la vie même."



Eric Rohmer,
Lettre à un critique,
à propos des Contes moraux
(in Le goût de la beauté, pages 127, 128 et 130,
Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma)




PHOTO LAURENCE DE MONAGHAN - ACTRICE - COMEDIENNE - LE GENOU DE CLAIRE - ERIC ROHMER



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LAURENCE DE MONAGHAN

Le Genou de Claire - 1970 - (Claire) - ERIC ROHMER



DVD:





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Laurence de Monaghan - Le Genou de Claire - Eric Rohmer - Le goût de la beauté




Karin Krick : Parsifal - Hans-Jürgen Syberberg




Karin Krick : Parsifal - Hans-Jürgen Syberberg - ACTRESS COMEDIENNE JEUNE ACTRICE



Karin Krick : Parsifal - Hans-Jürgen Syberberg - ACTRESS COMEDIENNE JEUNE ACTRICE




Karin Krick

Parsifal - Hans-Jürgen Syberberg


"De l'ensemble des productions de Toscan du Plantier, une très grande oeuvre émerge, hélas peu diffusée, le sublime Parsifal de Syberberg ... faisant se succéder à l'image deux Parsifal, l'un d'aspect masculin et l'autre d'aspect féminin, sur la même voix, celle de Rainer Goldberg
... Un plan extraordinaire où, l'un avançant et l'autre reculant, les deux interprètes se passent le relais de la voix, au moment crucial où Parsifal a refusé la tentation offerte par Kundry et les filles-fleurs, et a donc accédé à une sorte de dépassement.
Le Parsifal II, combinant la voix d'un ténor et l'aspect d'une jeune fille, est donc éminemment androgyne, utopique et symbolique. ... Syberberg imagine de faire reconstruire le masque mortuaire de Wagner, à une échelle géante, pour qu'il devienne le décor de l'action"

Michel Chion, La musique au cinéma - Fayard page 166


"idée proprement cinématographique : la dissociation voir/parler : Syberberg... Faire une disjonction du visuel et du sonore".

Gilles Deleuze


"À peu près au milieu de l’opéra, dans l’acte II, au cours de la scène de séduction de Parsifal par Kundry, l’acteur qui joue Parsifal est remplacé par une actrice.
Cette substitution a pour effet de mettre en évidence le playback, la séparation / collure de la voix et du corps.
Syberberg fait remarquer que si son Parsifal 1 évoque la figure du jeune Jean Baptiste dans la peinture classique, Parsifal 2 évoque une figure de Christ de la peinture flamande (pas tout de suite identifiable comme femme)."

Denis Lévy
Notes sur le Parsifal de Hans Jürgen Syberberg
Journée Parsifal, Ens, 6 mai 2006


"Produit sous le règne de Toscan à la Gaumont, son opéra filmé Parsifal, d'après Wagner, est le seul qui survive au diktat de la postsynchronisation des chanteurs, puisque cette dissociation des voix et des corps humains, transformés en automates évoluant dans un décor de statues géantes, est au cœur même du projet de Syberberg. Le cinéaste systématise les dispositifs de distanciation, organise des mises en scène proches de l'opéra ou de l'installation d'art contemporain."

Inrocks



Nietzsche, 1887 : « Prélude de Parsifal, le plus grand bienfait qu’il m’ait été accordé depuis longtemps. La puissance et la rigueur du sentiment, indescriptible. Je ne connais rien qui saisisse le christianisme à une telle profondeur et qui porte si âprement à la compassion. Totalement sublime et ému – aucun peintre n’a su rendre comme Wagner une vision aussi indescriptiblement mélancolique et tendre. (...) Comme si après de nombreuses années quelqu’un me parlait enfin des problèmes qui m’inquiètent »


Karin Krick : Parsifal - Hans-Jürgen Syberberg




Anna Mouglalis - Bérénice Bejo : La Captive - Chantal Akerman


Bérénice Bejo (César de la Meilleure actrice 2012) - Anna Mouglalis

La Captive - Chantal Akerman

Librement inspiré de La Prisonnière, de Marcel Proust


Stanislas Merhar (Simon) : Qu'est-ce qui se passe entre femmes, qu'il n'y a pas entre un homme et une femme ?

Bérénice Béjo (Sarah) : mais il n'y a rien à comprendre

Anna Mouglalis (Isabelle) : ça ne s'explique pas


La Captive

Un film réalisé par
Chantal Akerman

Date de sortie
27 septembre 2000 (1h48min)

Sylvie Testud
Rôle : Ariane

Stanislas Merhar
Rôle : Simon

Olivia Bonamy
Rôle : Andrée

Aurore Clément
Rôle : Léa, l'actrice

Liliane Rovère
Rôle : Françoise

Francoise Bertin
Rôle : La grand-mère

Bérénice Bejo
Rôle : Sarah

Anna Mouglalis
Rôle : Isabelle

le chauffeur Jean Borodine
la prostituée Adeline Chaudron
la chanteuse Sophie Assante
le peintre Sébastien Haddouk
Hélène Vanessa Larré
Levy Samuel Tasinaje

Anna Mouglalis - Bérénice Bejo : La Captive - Chantal Akerman




Gwenaëlle Simon : Conte d'Eté - Eric Rohmer | Esthétique de la mise en scène


Gwenaëlle Simon

René Prédal : le goût de la beauté d'Eric Rohmer :

"des hommes et des femmes dont l'activité principale consiste
à organiser le temps et l'espace de leurs existences et,
en particulier, de leur vie amoureuse."


René Prédal,
Esthétique de la mise en scène, CERF 7e art, pages 396 - 397

Photo : Gwenaëlle Simon : Solène

Conte d'Eté

Un film d'Eric Rohmer
(Les Films du Losange)


Gwenaëlle Simon : Conte d'Eté - Eric Rohmer | Esthétique de la mise en scène




Gwenaëlle Simon : Fille de Corsaire - Conte d'Eté - Eric Rohmer


Gwenaëlle Simon : Solène

"Je suis fille de corsaire
On m'appelle la flibustière
J'aime le vent, j'aime la houle
Je fends la mer comme la foule, la foule, la foule

Vite vite mon joli bateau
Il ne sera jamais trop tôt
Pour voguer vers San Francisco, en passant par Valparaiso
Et gagner les Aleoutiennes, en traversant les mers indiennes

Il faut que j'aille au bout du monde
Pour savoir si la terre est ronde

Je ne cède jamais ma place
Je vais toujours en droite ligne"

Conte d'été
Un film d'Eric Rohmer
(Les Films du Losange)



Gwenaëlle Simon : Fille de Corsaire - Conte d'Eté - Eric Rohmer




Alexia Portal - Conte d'automne - Eric Rohmer - Guérir de toi


"Ce me sera très difficile de me guérir de toi."
Didier Sandre (Étienne) à Alexia Portal (Rosine)

Conte d'automne
Un film d'Eric Rohmer
(Les Films du Losange)


Alexia Portal - Conte d'automne - Eric Rohmer - Guérir de toi




Sandrine Bonnaire : A nos amours - Maurice Pialat | Esthétique de la mise en scène


Sandrine Bonnaire : A nos amours - Maurice Pialat


René Prédal : Maurice Pialat : Sandrine Bonnaire et le syndrome Bonnard :

"Décider de la distance juste à laquelle le public doit regarder les personnages constitue une démarche essentielle de la direction d'acteur : Pialat n'est ni Jean Renoir (très proche en esprit de ses créatures), ni Claude Chabrol (qui les observe souvent avec le détachement d'un anthropologue, voire d'un entomologiste).

Pialat ne cherche pas à provoquer l'identification avec le héros mais, inversement, il ne le juge pas. Il préfère rester à mi-distance, laissant à ses personnages une certaine opacité parce qu'il est convaincu que la psychologie n'explique pas tout.

Le regard du cinéaste n'impose pas une interprétation univoque et d'ailleurs, à l'intérieur du film, les regards croisés des protagonistes permettent d'approfondir le portrait (que pense la mère de la fille, le fils du père, etc. ?)

C'est une certaine éthique de cinéaste qui entraîne à la fois des attitudes spécifiques de l'acteur (ne surjouant pas ses sentiments), des positions de caméra (le plan moyen) et des choix d'objectifs (qui ne se déforment pas) allant tous dans le même sens."


René Prédal,

esthétique de la mise en scène, CERF 7e art, pages 588-589


Photo : Sandrine Bonnaire, A nos amours,
Un film de Maurice Pialat



Sandrine Bonnaire : A nos amours - Maurice Pialat | Esthétique de la mise en scène




Naomi Watts - Laura Elena Harring - Mulholland Drive - David Lynch | René Prédal, Esthétique de la mise en scène


Naomi Watts - Laura Elena Harring - Mulholland Drive - David Lynch

Elles sont lesbiennes et se disputent pourtant un homme : le metteur en scène


René Prédal, La "frénésie baroque et ses méandres hallucinatoires" de David Lynch :

"Elles sont lesbiennes et se disputent pourtant un homme.

Il y a entre elles un cadavre et des liasses de dollars, ainsi qu'Adam l'ancien metteur en scène de Camilla qui lance cette fois la future vedette Betty.

Mulholland Drive convoque tous les films précédents de Lynch : la violence de Sailor et Lula (1990), le fantastique de Dune (1984), le voyeurisme et la monstruosité d'Elephant Man (1980), le mystère de Blue Velvet (1986) et de Twin Peaks (1992) nourrissent un récit fantasmatique, un de ces chants désespérés qui sont les chants les plus beaux. Chaque plan peut appartenir soit au domaine du rêve soit à celui de la réalité."

René Prédal,
Esthétique de la mise en scène, CERF 7e art, pages 732-733



Photo : Naomi Watts : Betty Elms / Diane Selwyn
et Laura Elena Harring : Rita / Camilla Rhodes






-> Grands rôles - Grandes actrices - Histoire du cinéma et du théâtre - Notes


Naomi Watts - Laura Elena Harring - Mulholland Drive - David Lynch | René Prédal, Esthétique de la mise en scène




Anne Wiazemsky et l'âne Balthazar - Robert Bresson, Au hasard Balthazar


Anne Wiazemsky et l'âne Balthazar

Robert Bresson, Au hasard Balthazar

VIDEO : http://comediennes.org/video/anne-wiazemsky

René Prédal, Robert Bresson, le "je" de l'interprète :

"Bresson reproche aux comédiens d'extérioriser leurs sentiments au lieu de les intérioriser. Pour lui, l'interprète doit être fermé et complexe, plein de mystère et de contradictions : "C'est ce que je n'arrive pas à savoir de F. et de G., modèles, qui me les rend si intéressants."

Bresson tente de saisir la vérité du modèle [l'interprète] plus que du personnage. Tout se joue matériellement sur le plateau plutôt qu'en référence à l'idée préalable que l'interprète peut se faire du film et du rôle qu'il pense devoir y tenir. Bresson bannit le "jeu" et cherche le "je", c'est-à-dire "l'homme par et au-delà de l'interprète", affirmant ainsi "la primauté de l'être humain", comme le note M. Estève qui ajoute dans son ouvrage : "L'auteur du film leur demande de tendre, par l'ascèse, vers la vérité de leur être en se dépouillant des masques du "paraître". "Deviens ce que tu es", affirmait Nietzsche.
Le problème est que cet anti-jeu rompt tellement avec les codes dominants de l'interprétation qu'il surprend obligatoirement à une première vision et il faut attendre une seconde lecture pour qu'éclate son authenticité et que le spectateur puisse apprécier pleinement la "manière d'être intérieure, unique, inimitable" du modèle dont la voix, non travaillée, livre "son caractère intime et sa philosophie, mieux que son aspect physique", dans la mesure où l'important n'est pas ce qu'ils montrent mais ce qu'ils cachent "et surtout ce qu'ils ne soupçonnent pas qui est en eux"."

René Prédal,

esthétique de la mise en scène, CERF 7e art, pages 576-577




Robert Bresson : Mouchette / Au hasard Balthazar - Coffret 2 DVD

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Anne Wiazemsky et l'âne Balthazar - Robert Bresson, Au hasard Balthazar




Jean Seberg - Jean-Paul Belmondo - Godard - A bout de souffle |  René Prédal, la direction d'acteur, ou la présence du comédien


Jean Seberg - Jean-Paul Belmondo - Godard - A bout de souffle

René Prédal, la direction d'acteur, ou la présence du comédien :

"Godard exprime l'incompréhension entre Michel et Patricia dans A bout de souffle par la seule mise en présence de Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg : d'un côté un acteur débutant qui joue de sa dégaine, de sa trogne, de son phrasé de voyou, à la fois dragueur décontracté et amoureux passionné ; de l'autre une interprète américaine très professionnelle formée à la rude école d'Otto Preminger complètement effarée du type de tournage à la française dont elle accepte mal l'impréparation et la légèreté. Dès lors quelque chose se passe qui fait que ces comédiens - et donc les personnages qu'ils interprètent - ne pourront pas s'entendre. Ils se trompent l'un comme l'autre d'histoire d'amour et le film se nourrit psychologiquement de cette incompatibilité entre deux conceptions de jeu. Godard n'a pas besoin d'astuces dramaturgiques ; ça ne passe pas et le film se construit sur ces impossibilités ; Jean-Paul Belmondo improvise, Jean Seberg approfondit son dialogue ; par conséquent Michel et Patricia ne pourront pas s'entendre !"

René Prédal,

esthétique de la mise en scène, CERF 7e art, page 571



JEAN SEBERG OTTO PREMINGER SAINT JOAN



JEAN SEBERG : SAINT JOAN - OTTO PREMINGER - 1957


--> Photos de Jean Seberg dirigée par Otto Preminger



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Jean Seberg - Jean-Paul Belmondo - Godard - A bout de souffle | René Prédal, la direction d'acteur, ou la présence du comédien




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