






"A la même heure, Sylvie, qui travaillait dans une galerie de peinture de la rue de Monceau,
se rendait chez elle en traversant le parc. Je ne la connaissais encore que de vue.
Nous nous croisions assez souvent sur les 300 mètres de boulevard qui séparent le carrefour du foyer,
nous avions échangé quelques regards furtifs, et nous en restions là."



"Elle regarde trop droit devant elle pour ne pas être impressionnée par nous."












"Ma victoire était indiscutable.
(...)
Son refus ne me tracassait guère,
puisqu'elle m'autorisait à lui adresser la parole
lors d'une prochaine rencontre qui ne saurait tarder."
Michèle Girardon
(Sylvie)
et Barbet Schroeder
(le narrateur. Voix du narrateur : Bertrand Tavernier)
La Boulangère de Monceau
moyen métrage français d'Éric Rohmer, sorti en France en 1963.
premier volet du cycle des Six Contes moraux.
(c) les films du losange : www.filmsdulosange.fr
Captures du début du film : rencontre et première conversation.
DVD :
Titre : La Boulangère de Monceau
Réalisation : Éric Rohmer
Scénario : Éric Rohmer
Photo : Jean-Michel Meurice, Bruno Barbey
Montage : Jackie Raynal, Éric Rohmer
Production : G. Derocles, Barbet Schroeder
Format : 16 mm
Durée : 26 min (672 m)
Noir et blanc
Distribution :
Barbet Schroeder : le narrateur
Bertrand Tavernier: voix du narrateur
Claudine Soubrier : Jacqueline (la boulangère)
Michèle Girardon : Sylvie (la jeune femme)
Fred Junk : Schmidt (l'ami du narrateur)
Michel Mardore : client boulangerie
Eric Rohmer : Les 6 Contes Moraux - Coffret 5 DVD :
La Boulangère de Monceau / La Carrière de Suzanne
Ma nuit chez Maud
La Collectionneuse
Le Genou de Claire
L'Amour l'après-midi
Née le 9 août 1938, Michèle Girardon s'est suicidée le 25 mars 1975 à Lyon,
après avoir tourné dans 34 films entre 1956 et 1971.
Filmographie :
1970 : Les petites filles modèles de Jean-Claude Roy
1969 : Alyse et Chloé de René Gainville
1969 : Le chevalier à la rose rouge - (Rose rosse per Angelica) de Steno
1968 : Je vends cher ma peau - (Vendo cara la pelle) de Ettore-maria Fizzarotti
1967 : Drôle de jeu de Pierre Kast
1966 : Tendre voyou de Jean Becker
1964 : Les mercenaires du Rio Grande - Le trésor des Aztèques - (Der Schatz der Azteken) de Robert Siodmak
1964 : La pyramide du dieu soleil - (Die Pyramide des Sonnengottes) de Robert Siodmak
1964 : Le cocu magnifique - (Il magnifico cornuto) de Antonio Pietrangeli
1964 : L'heure de vérité de Henri Calef
1964 : Jean-Marc ou la Vie conjugale de André Cayatte
1964 : Françoise ou la Vie conjugale de André Cayatte
1963 : Marchands d'esclaves - (Anthar l'invincible) de Anthony Dawson
1963 : Scaramouche - (La mascara de Scaramouche) de Antonio Isasi Isasmendi
1962 : La Boulangère de Monceau de Éric Rohmer - (court métrage)
1961 : La mutinerie des filles perdues / Les révoltés de l'Albatros - (L'Ammutinamento) de Silvio Amado
1961 : Hatari ! de Howard Hawks
1961 : Virginie de Jean Boyer
1961 : Vacances portugaises de Pierre Kast
1961 : Les Sept Péchés capitaux de Roger Vadim dans le sketch : L'orgueil
1960 : Il principa fusto de Maurizio Arena
1960 : La proie pour l'ombre de Alexandre Astruc
1959 : Vous n'avez rien à déclarer ? de Clément Duhour
1959 : Le Signe du lion de Éric Rohmer
1958 : Les amants de Louis Malle
1957 : Trois pin-up comme ça de Robert Bibal
1957 : Vive les vacances de Jean-Marc Thibault et Jean Laviron
1956 : La Mort en ce jardin de Luis Bunuel






La Boulangère de Monceau, Eric Rohmer
Extrait vidéo : La Boulangère de Monceau, Eric Rohmer
Michèle Girardon (Sylvie) et Barbet Schroeder (le narrateur).
Voix du narrateur : Bertrand Tavernier
Entretien avec Eric Rohmer,
réalisé par Frank Madlener et Gabriel Leroux :
- Vous dites que les images sont sonores. Y a-t-il dans vos films des scènes, sans musique, que vous trouvez très musicales ?
Rohmer : - "Je pense à une scène d'un de mes films qui a été tourné de façon absolument amateur. C'est l'avant-dernier plan du premier conte moral, La Boulangère de Monceau. Ce film a été tourné avec une caméra de 16 mm à ressort. Le ressort se déroulait pendant 15 secondes. Donc les plans ne durent jamais plus de 15 secondes.
Dans cette scène on entend un commentaire :
"La pluie avait cessé, et la boulangère pouvait sortir et nous apercevoir. Ce trajet me parut interminable."
On voit la rue inoncée par la pluie. La pluie n'était pas prévue à l'origine. Elle est venue pendant qu'on tournait, et on l'a utilisée. Le protagoniste avait donné rendre-vous à la boulangère et, entre-temps, il avait rencontré la fille qu'il cherchait depuis longtemps. Ils s'éloignent tous les deux.
Il y a dans cette vue, avec une photographie un peu grisâtre, avec le sol mouillé, les deux personnes qui s'éloignent, une ambiance musicale. Avec la musique, le plan aurait été gâché. Ce qui le rend beau c'est le silence. Seul se détache le bruit des pas."
Suite de l'entretien : jeanpierreclech.unblog.fr/...